Aari, chapitre 15

10/02/2008 12:48 par lunastrelle

  • Aari, chapitre 15

    Aari, chapitre 15

    10/02/2008 12:48 par lunastrelle

XV : ils vécurent (mal)heureux.... ?

 

 

 

Ici donc s’achève mon récit. Non que je n’aie plus rien à dire ou que je veuille oublier, je n’en ai simplement plus envie de parler…

Qui me croira, vous pouvez me le dire ?

Parler dans le vide finira par me conduire à la folie, donc je garde tout pour moi, peut être qu’un jour j’en parlerai à quelqu’un, ouvert d’esprit…

Mais ça m’étonnerait.

J’ai tout simplement dit à mes parents, et à la police, que j’avais fugué, avec un homme que j’aimais, mais que ça n’avait pas marché.

C’est le mensonge le plus plausible que j’ai trouvé.

En plus, ce n’est pas loin de la vérité, sauf que je n’ai pas fait cette fugue…

Bien entendu, une fois rentrée chez moi, mes parents ont fait un esclandre, n’ont pas compris mon soi-disant geste, et m’ont interdit de sortir pendant 2 mois en ville.

Nous sommes le 02/01/06, l’année commence bien tiens…

Ce qui fait qu’un mur, un fossé, me sépare de ma famille à présent.

Et plus jamais rien ne sera comme avant…

J’ai retrouvé ma vie d’avant, dans mon lycée je suis devenue populaire, les professeurs et mes amis m’ont posé beaucoup de questions, ainsi que des élèves que je n’ai jamais vu ou qui ne m’adressaient jamais la parole…

Il faut un tant soit peu qu’il vous arrive quelque chose d’extraordinaire pour que tout le monde vienne vers vous, c’est dingue !

Eliane m’a demandé où j’étais passée, n’étant pas dupe de mon mensonge, mais je ne lui ai rien dit cette fois…

Elle s’est fâchée, et j’ai l’impression qu’un vide s’est créé entre nous deux, même si je sais

que notre dispute ne durera pas longtemps…

Enfin, c’est comme ça que j’ai su ce qu’était garder un lourd secret.

La robe que je portais je l’ai jetée au fin fond de mon placard, après que ma mère l’a lavée et

repassée. Elle la trouve jolie et s’étonne que je la traite ainsi.

Si elle savait…

J’ai pensé à la brûler, à la déchirer, …Mais quelque chose m’en empêche.

Quelque chose me pousse à la garder, en guise de souvenir, comme si cela pouvait être un fragment de preuve de mon enlèvement…

Je ne porte plus de dos-nus, ni de vêtements qui laissent le dos libre. Et je fais en sorte que ma mère ne soit pas en même temps que moi dans la salle de bain, ni personne d’autre d’ailleurs.

Je ne veux pas qu’on voit cette cicatrice, dont je n’ai toujours pas trouvé la signification.

Une étoile débordant d’un cercle…

Bien sûr, je n’ai rien oublié.

Je fais des cauchemars encore, ils hantent mes nuits même.

Je le revois encore s’emparer de moi, je le revois encore brûler mon dos…Je revois cette ombre cauchemardesque qui a tenté de fusionner avec moi dans le noyau d’Aari…Et je revois Ethan qui me prend dans ses bras, surtout la nuit où j’ai failli mettre fin à ma vie et celle où il est parti pour toujours…

Qu’est devenu le Maître ? Je n’en sais rien, j’espère simplement qu’il a disparu pour toujours et qu’il soit mort avec Aari.

Au revoir donc, ce périple s’arrête, je vous dis au revoir, ma vie sera entièrement banale.

Je vais la mener, ma certitude qu’il reviendra s’estompe, et la douleur, le deuil s’installent dans mon cœur…

Avez vous déjà lu « Les oiseaux se cachent pour mourir », de Colleen Mc Cullough ? Si ce n’est pas le cas, je vous conseille de le faire, vous comprendrez ce que je ressens.

Ces derniers mots autobiographiques, je les trace d’une main légère mais tourmentée…

 

 

***

 

 

le 15/03/2006.

 

Cher journal,

 

Nous sommes devenus tellement proches l’un de l’autre ! Jamais je n’aurai imaginé que cela se produirait, que je confie tous mes secrets à un cahier de papier. Avant, je me contentais juste d’écrire ce qui me passait par la tête, mais là, j’ai besoin de t’écrire, des secrets douloureux comme des instants de bonheurs évanescents.

Je vais te raconter ce qui m’est arrivé un jour, à l’âge de 3 ans : je jouais au port, tu sais le port situé dans la ville de La Rochelle.

J’ai glissé et je suis tombée dans l’eau. Au pied du pont, au fond, j’ai vu un objet brillant.

Mais j’ai pas pu aller le chercher, mon père a plongé, m’a ramenée à la surface et j’ai hurlé.

Mes parents pensaient que c’était de peur, mais non, c’est parce que je n’ai pas pu aller ramasser cet objet…Quoiqu’après je ne pouvais plus aller dans l’eau, j’en avais une peur terrible…Mais je m’en suis rendue compte qu’après l’accident, après qu’ils m’ont fait peur avec leurs histoires de noyades…

Cet après-midi, j’ai demandé à mon père de retourner là-bas .Un peu surpris, il m’y a emmenée, tout le long du trajet nous n’avons dit mot.

Une fois arrivés, il m’a dit qu’il reviendrait me rechercher dans une heure.

Il avait l’air un peu inquiet, mais je n’ai rien dit.

Heureusement, j’ai de nouveau le droit de sortir toute seule, ma « punition » est levée.

De toute façon, ils ne peuvent me laisser éternellement cloîtrée…

Je me suis avancée sur le ponton, et j’ai commencé à enfiler ma combinaison de plongée (oui, tu vas me dire que c’est ridicule). Je n’ai pas de bouteilles d’oxygène ni rien, juste cette combinaison. Mais elle est pratique pour nager, c’est pour ça que je l’ai prise.

Mes parents me l’ont offerte j’avais 15 ans, vu que je suis des cours de natation et de plongée. Donc, pour en revenir à ce que je  disais, je me suis mise au bord du pont, et j’ai plongé.

Je me suis approchée des pieds de ce dernier, j’ai un peu frotté la terre amassée.

C’était assez profond quand même, pas si bête mon idée après tout !

Et je l’ai trouvée.

Je l’ai prise, ramenée à la surface.

J’ai enlevé ma combinaison, après être sortie de l’eau.

Et je l’ai regardée.

Une chaînette avec une pierre blanche.

J’ai jeté un coup d’œil sur celle que je portais, celle que Ethan m’avait donnée.

Un flash m’éblouit, et j’eut juste le temps d’entr’apercevoir un vaisseau en pleine nuit se crasher à cet endroit même, bien avant que le port soit construit.

Donc ce n’était pas la première fois que les habitants de la planète d’Ethan venaient nous rendre visite.

Ce sont nos OVNIS  peut-être ! C’est même sûr !

Les OVNIS…Un mystère que l’homme tente d’élucider depuis des années, émettant des hypothèses les plus folles les unes que les autres…

De toute manière, depuis que j’ai retrouvé cette pierre blanche, je reste persuadée qu’elle me servira à quelque chose, de très important…

 

 

***

 

 

Le 19/03/06

 

Cher journal,

 

Tu es devenu très volumineux, j’ai terminé de raconter mes chroniques d’enfance, il m’a fallu 5 cahiers pour y parvenir !

Je n’ai fait qu’écrire depuis que je suis revenue d’Aari, enfermée dans ma chambre quand je ne vais pas à l’école. Mes parents me disputent, me parlent de mes amis que je laisse en plan, du fait que je dois bientôt passer mon permis,… mais c’est la vie, j’ai pas envie d’aller me balader en ville alors que les souvenirs d’enfance sont encore frais, autant les consigner par écrit avant qu’ils ne s’effacent !

Oui, je suis très conservatrice et sentimentale pour ces choses là, encore plus depuis mon périple.

Je suis beaucoup sur Internet aussi, et comme j’ai mon propre pc âgé d'un an, ils ne peuvent pas m’interdire d’y aller, de plus, je me sers comme prétexte que je rattrape le temps perdu en prenant des cours par correspondance pour le bac.

A côté de ça, car c’est totalement vrai (oui, je m’en soucie quand même de mes études !), je me suis créé un blog où je raconte l’histoire d’une jeune fille enlevée dans un monde parallèle…

Ceux qui me lisent trouvent que le récit est génial, ils ont l’impression que les faits sont réels…

Ils n’ont pas tout à fait tort…

Mais je reste motus bouche cousue, ils me prendraient pour une folle, une cinglée.

Il n’y a que toi à qui je confie mes secrets, tu m’as accompagnée lors de mon enlèvement…Et puis si jamais quelqu’un te trouve, il croira que ce n’est qu’un récit fictif, fantastique.

 

 

***

 

 

Le 05/04/06

 

Cher journal,

 

Je me souviens qu’à l’âge de 13 ans, juste avant que mamie ne meurt, elle voulait me confier quelque chose de capital pour moi, sur mon destin…

Mais elle n’a pas pu m’en dire davantage, elle a été transportée à l’hôpital suite à un infarctus du myocarde et s’est éteinte dans la nuit.

J’ai pleuré comme une enfant, c’était la personne la plus chère au monde pour moi, après mes parents…

Cet après midi j’ai été la voir, dans le cimetière où elle est incinérée.

Pour des raisons personnelles, je ne te dirai pas où elle est enterrée, et je ne décrirai pas les lieux.

J’ai posé sur sa tombe marbrée des roses orangées, ses fleurs préférées.

Cela peut te paraître bizarre que ce soit moi qui m’occupe de la tombe de ma grand-mère, mais c’est moi qui en ai formulé la demande, après maintes délibérations et refus avec mes parents j’ai fini par avoir gain de cause.

Je lui ai parlé, si quelqu’un m’avait entendue il m’aurait prise pour une folle, parler à une morte !

Je lui ai dit que j’avais un lourd secret, mais que je ne pouvais le révéler, et je lui ai dit que j’avais tant besoin d’elle, de sa présence, de ses bras où petite je venais me réfugier quand mes parents me disputaient, ou quand des enfants de mon âge se moquaient de moi ou me tapaient…

J’ai pleuré pendant un moment, puis je me suis relevée, lui a envoyé un « baiser mental » (c’est un jeu auquel on adorait jouer toutes les deux : quand on était séparées, je pensais très fort à elle, elle pensait très fort à moi, et on s’envoyait des baisers mentaux. Je n’ai jamais su si ça marchait de son  côté, mais du mien, de temps en temps, j’avais l’impression qu’on effleurait ma joue…), et je suis partie, la pluie tombant lentement sur moi, pleurant avec moi…

 

 

***

 

 

le 15/04/06

 

Cher journal,

 

J’ai été à la piscine avec Eliane, et cela a failli tourner au vinaigre. Parce que je voulais absolument porter un haut uni à manches longues pour cacher mon tatouage.

Evidemment, elle a cru que j’étais pudique et que je voulais cacher autre chose, elle m’a dit en riant qu’il ne fallait pas en avoir honte…

J’ai dû jouer le jeu, et heureusement nous nous sommes réconciliées et nous nous sommes bien amusées.

Par contre , dans les vestiaires, elle est venue me voir alors que je me changeais, elle l’a toujours fait…

Mais je me suis mise en colère, causée par la peur, et lui ai dit de partir, de ne plus jamais revenir, qu’elle s’en aille !

Elle s’est mise à pleurer, moi je suis restée plantée là les jambes tremblantes.

Je l’ai rappelée dans la soirée pour m’excuser, mais cette fois ce fossé dont j’ai parlé s’est bien creusé entre nous deux…

Je suis si triste journal, je fais du mal aux autres…

 

 

*** 

 

 

Le 30/04/06

 

Cher journal,

 

Je vais bientôt passer mon bac…

Je sais ce que signifie ce tatouage.

L’étoile c’est l’essence d’Aari, le symbole de l’identité.

Le cercle sa peau, la planète…

 

 

***

 

 

Le 02/05/06

 

Cher journal,

 

Je suis retournée me promener dans les bois, et j’ai même été dans la clairière…

Cette promenade m’a fait du bien, même si de douloureux souvenirs ont surgi de mon esprit.

Je pense souvent à lui, je regrette qu’on ne soit pas ensemble.

Je l’aime, bon sang, mais comment faire ?

Je l’aime, je l’aime, je l’aime !

Pourquoi le destin nous a-t-il séparés ?

Pourquoi ?

Ce n’est pas une amourette, j’ai déjà eu des aventures avec des garçons, dont une a failli devenir sérieuse, mais je n’ai jamais été plus loin qu’un simple baiser, j’avais  peur, je n’étais pas prête…Et c’est pour ça qu’on a rompu…

Mais avec Ethan, c’est différent.

Avec Ethan, je crois que j’aurai franchi le pas…


 


©Lunastrelle (Ecrit au cours de l'été 2006... Correction achevée au printemps 2007)

Aari chapitre 14

10/02/2008 12:46 par lunastrelle

  • Aari chapitre 14

    Aari chapitre 14

    10/02/2008 12:46 par lunastrelle

Image tirée du manga "Vision d'Escaflowne"




XIV : Je t’aime, je ne t’oublierai pas

 

 

 

Nous nous séparons, à regret. Il me prend la main, sous la pluie froide et bienvenue nous marchons à pas vifs dans la végétation. Ma robe est trempée et laisse voir mes courbes plus qu’avant. Je rougis dans le noir.

C’est merveilleux de pouvoir voir la vie s’épanouir de nouveau, de sentir un air pur, enivrant, celui de la liberté mouillée par l’eau, c’est si bon d’entendre des manifestations de vie végétale, animale !

Au bout de 15 minutes à peu près (j’ai retrouvé la notion du temps), sans parler, nous arrivons dans une clairière.

Je la reconnais.

Les arbres semblent monter jusqu’aux astres. Un halo irréel parsème cet endroit, entouré de rochers, d’arbustes dont les feuilles bougent doucement. Les ronces présentes entourent également le domaine, ne venant pas s’y étendre.

Au milieu, un vaisseau, de taille modeste. Il brillait au clair de lune. Il est bleu foncé et gris, tout comme le ciel en ce moment même.

Le camouflage d’Ethan  a été efficace pour ces trois années qu’il a passées ici, sur la Terre.

Sinon vous imaginez bien qu’on l’aurait trouvé, heureusement qu’il a pris la peine de le cacher visuellement et de le désintégrer pour le reconstruire juste avant notre arrivée.

Maintenant je sais pourquoi il a touché un bracelet situé sur son avant bras droit…

Technologie surprenante, vraiment très avancée !

La pluie s’est arrêtée.

Le vent vient souffler dans les branches vierges et ancestrales de ces rois de la forêt, me faisant frissonner parce que je suis trempée.

Il se dirige vers le vaisseau, une porte s’ouvre automatiquement, prête à accueillir son occupant. Il touche la coque, la caresse, et se tourne vers moi.

Je ne bouge pas.

« Je vais rentrer chez moi, et retrouver ma vie… »

Je ne dis rien, je continue de le regarder.

Je le savais ça, de toute manière, que ça finirait ainsi…

Je ne peux pas le retenir, je dois me faire une raison, je l’aime, lui aussi, mais il ne peut pas abandonner sa planète pour moi, je n’ai pas le droit de le faire choisir…

Ici il risque d’avoir des ennuis, les gens peuvent demander d’où il vient, et même s’il ment, ils voudront lui prendre son empreinte génétique et ils verront par les tests d’ADN qu’il est extraterrestre….

Et sa physionomie aussi va poser problème, ses yeux risquent de soulever beaucoup de questions.

Ce monde n’est pas prêt à savoir la vérité…

Non, il n’est pas prêt.

Il me scrute, et je comprends trop tard qu’il a lu toutes mes pensées.

Je baisse la tête.

Il s’approche de moi, prend mon visage entre ses mains.

« Non, ton monde n’est pas prêt, tu as raison. Et je partage ta souffrance, j’aimerais tellement faire ma vie avec toi… »

Pour la première fois depuis que je le connais, des larmes luisent et tombent de ses prunelles. Brutalement il me prend dans ses bras, hume l’odeur de mes cheveux.

Mes bras enlacent sa taille fine, moi aussi je le serre avec force. Je chuchote :

« Moi aussi, mais je sais que tu as des responsabilités… »

Puis je retiens un fou rire.

« Ca fait vraiment feuilleton à l’eau de rose, ce qui nous arrive…Ce que je vais dire n’est pas mieux, mais je m’en fiche, parce que c’est vrai, je t’aime, je ne t’oublierai pas, pars ! »

Je crie presque en bousculant ces derniers mots dans ma bouche.

De sa main il me penche la tête en arrière, et ses lèvres viennent épouser les miennes.

Nous ne nous sommes pas embrassés depuis la dernière ligne droite sur Aari…

Je me sens rassurée dans ses bras, je voudrais y rester pour toujours.

Une sensation, m’étant inconnue jusqu’alors, monte au creux de mes reins, se propage comme de la lave en fusion dans tout mon corps semblant en éruption.

J’ai envie de toucher sa peau nue, de me presser contre son torse.

J’ai envie de m’allonger à ses côtés et de regarder le ciel chatoyer, avec lui.

J’ai envie de réaliser beaucoup de choses, avec lui

Lui aussi éprouve ce désir, et nous nous écartons mutuellement l’un de l’autre, pour ne pas commettre l’irréparable.

Une terrible frustration nous prend à la gorge, j’ai si froid…

Il effleure son cou, détache une chaînette avec une pierre bleue, d’où émane une lumière blanche.

Il passe ses bras autour de mon cou, attache la chaîne et me dit :

« Ceci est une pierre de clairvoyance, la lueur qu’elle émet réveille dans ton cerveau des souvenirs oubliés, et même des dons si tu es assez ouverte d’esprit, que tu dois développer et approfondir peu après. »

Et une pensée, rassurante, venant de loin, j’en suis sûre, me vient à la tête :

« Nous nous reverrons… »

Cette phrase je l’ai déjà entendue dans la bibliothèque.

A cet instant j’ai la certitude que oui, nous nous reverrons, bientôt, le futur est proche.

Il me donne aussi un stylo d’ambre et un cahier à la couverture brun pastel…

Mon journal…

Il me caresse la joue une dernière fois.

« Je t’aime, Océane . »

Il me quitte, monte dans le vaisseau, avec lenteur et majesté.

L’éclat de la lune s’est accentué, j’ai l’impression.

L’air est suspendu en myriades de petits cristaux, scintillants et s’entrechoquant entre eux, produisant comme une mélodie digne du chant des nymphes de l’Antiquité.

La porte se referme avec un chuintement, ses yeux dans lequel j’ai plongé pour toujours m’ont regardée, mélange d’amour, de tristesse et…De désir.

Quelques secondes plus tard, l’engin décolle du sol, sans bruit. Il s’élève, s’arrête, comme s’il hésitait, puis il part à toute vitesse rejoindre les étoiles et va franchir le voile de cette voûte céleste à l’énigme insondée…

 

 

***

 

Je m’arrache à regret à cette vision du ciel étoilé et recouvert de nuages bleutés, et, comme une automate, je marche dans la forêt, ne sachant pas où je vais.

Au bout d’une heure de solitude silencieusement stérile, ne prenant pas garde à la beauté des lieux, enfin je peux apercevoir au loin une autoroute.

Mes pas s’accélèrent, je m’arrête au bord de cette dernière.

L’asphalte brille encore, l’eau de pluie l’a bien nettoyée. A part quelques nids-de-poule et des mottes de terre sur les côtés, la route est lisse et noire, comme si elle venait d’être posée.

Une voiture passe, je lève le pouce pour qu’elle s’arrête, mais elle me passe sous le nez sans ralentir.

Je recommence à marcher, dans le sens où la voiture est allée, une deuxième arrive derrière moi, je m’arrête de nouveau, le pouce en l’air.

Le conducteur, un jeune à la coupe punk, s’arrête.

J’ouvre la portière et je monte.

« Est ce que vous pouvez me ramener à Ste Soulle, s’il vous plaît ? 

-Bien sûr. »

Puis il laisse échapper un cri de surprise.

« Mais…Océane, c’est toi ? »

Je le regarde, interloquée, et je reconnais un ami à mon frère.

« Jérôme !Oui c’est moi ! »

Il me prend dans ses bras avec un cri de joie, me fait 2 gros baisers sonores sur chaque joue.

Je m’écarte de lui pour ne pas mouiller son tee shirt représentant un groupe de rock.

« Ca fait 2 mois que nous te recherchons désespérément, qu’est ce qui s’est passé ? D’où tu viens ? 

-Calme toi, s’il te plaît…Je veux d’abord rentrer à la maison, et ensuite j’expliquerai . »

Il ne cherche pas à en savoir plus. Il démarre, la voiture file sur la route. Nous allons en direction de La Rochelle.

« Jérôme, mais que fais tu ?Je ne veux pas aller voir la police…

-Je te conduis à l’hôpital.

-Mais non !

-Ton frère s’y trouve, il a eu un accident et il vient de sortir du coma…

-Julien !

-Une voiture l’a percuté de plein fouet…Et tes parents sont à son chevet. »

Durant tout le trajet je ne dis rien. Nous arrivons devant l’hôpital, une grande bâtisse blanche et grise.

Je suis encore mouillée, je grelotte. Jérôme me passe une veste, trop grande pour moi, mais cachant partiellement mon corps, à mon soulagement.

Les étoiles ici sont complètement cachées par les nuages.

Nous entrons par les portes vitrées.

Nous nous dirigeons vers l’accueil.

Après avoir eu les renseignements nous nous dirigeons vers l’ascenseur.

Puis un dédale de couloirs blancs.

Des infirmières et des médecins nous regardent d’un air circonspect.

Une porte.

Une chambre.

J’entre, une femme me regarde et étouffe un cri.

Je reconnais ma mère.

« Océane ! »

Nous nous jetons dans les bras l’une de l’autre, mon frère se met à pleurer, lui qui d’habitude fait son dur !

Mon père arrive, avec un café pour ma mère, et en nous voyant renverse son contenu sur ses pieds.

Il court vers nous et nous enlace en pleurant de joie….

 

 

***

 

 

Sur une planète ou deux soleils se couchent en offrant une merveilleuse palette de couleurs, un couple ainsi que leurs deux enfants admirent ce double coucher.

Sur le visage de la femme on peut voir de l’apaisement, mais aussi un passé assez douloureux qu’elle ne pourra jamais oublier.

L’homme la prend tendrement dans ses bras, les deux petites filles comprennent qu’il est l’heure d’aller se coucher.

Elles disent bonne nuit à leurs parents, font la course dans la maison qui ne possède aucune porte jusqu’à leur chambre mitoyenne, aux couleurs bleue, orangée et rose, en riant.

Luiden regarde une dernière fois le ciel, en ayant une pensée pour ses amis, puis la nuit commence, éphémère…





©Lunastrelle (Ecrit au cours de l'été 2006... Correction achevée au printemps 2007)

Aari, chapitre 13

10/02/2008 12:44 par lunastrelle

  • Aari, chapitre 13

    Aari, chapitre 13

    10/02/2008 12:44 par lunastrelle

XIII : retour au bercail et retrouvailles

 

 

 

Une vieille dame boit son thé, tranquillement devant l’âtre d’une cheminée.

Le feu crépite joyeusement, éclairant avec chaleur les boiseries de la pièce et les couvertures de laines enveloppant les jambes de leur propriétaire.

Une pensée effleure son esprit.

Son petit-fils.

Des sanglots lui montent à la gorge, elle sait désormais.

Il est mort…

 

 

***

 

 

Il est en train de courir, dans le désert, à la recherche de sa proie. Ses yeux reptiliens fixent le paysage avec intensité.

Sa peau recouverte d’écailles le protège du soleil.

Son corps musclé lui permet de parcourir sa planète pendant des journées et des journées, sans qu’il éprouve le manque d’eau ou de nourriture.

Cette espèce d’extraterrestre est très coriace et résistante, le jeûne ne leur fait pas peur.

Il s’approche d’une grotte, à moitié ensevelie par le sable doré, quand des pleurs lui déchirent brusquement la gorge.

Sa femme, disparue il y a de nombreuses lunes, n’est plus, il en est sûr. A cet instant précis.

Il ne sait pourquoi.

Il s’agenouille à terre, de sa proie il ne se soucie plus.

Sa planète, entièrement recouverte de sable, il l’a parcouru de long en large, il ne l’a jamais retrouvée…

 

 

***

 

 

Partout dans l’univers, des pleurs montent, la souffrance éclate, ainsi que le deuil qui n’a jamais pu se faire.

En même temps, une joie transcende les esprits, celle des retrouvailles…

 

 

***

 

 

« Il est réveillé ?

-Oui madame, il a réussi à sortir de son coma, et il retrouvera une vie tout à fait normale.

-Merci, merci ! Je n’aurai jamais pu supporté de perdre mon fils en plus de ma fille ! »

Le docteur Lodar, un homme ayant la quarantaine et un peu rondouillard,  regarde cette femme, aux cheveux bruns, aux yeux vert ternis par le chagrin, au visage amaigri, ayant perdu sa fille depuis deux mois.

Juliette Forna essuie quelques larmes et entre dans la chambre de son fils…

 

 

***

 

 

Ma tête cogne le sol sans douceur, et le calme revient.

Plus de grondements.

Plus de chaleur.

Je tâte à l’aveuglette, je touche un bras, qui m’aide à me relever.

Mes yeux s’habituent à la pénombre, je regarde le paysage.

Du vert, des feuilles, de l’air, des arbres…

Et même la pluie !

Je lâche la main de mon compagnon, je tends les bras et le visage au ciel, couleur bleu gris,  ferme les yeux, et laisse l’eau couler sur moi, me ramener à la vie, mes larmes se mélangeant à cette source de renaissance.

Il me prend dans ses bras, et ma tête vient se loger au creux de son épaule. Nous restons ainsi….

 

 

***

 

 

Luiden se cogne la tête contre une commode, qui s’ébranle quelques secondes. Elle est arrivée la tête la première en position de plongeon.

-Maman !

2 petites silhouettes se jettent sur elle avant qu’elle n’ait pu dire « ouf ».

D’instinct et d’amour, elle les enlace et les larmes coulent sur ses joues. Elle se souvient de tout. Elle a retrouvé la mémoire, chose si précieuse !

« Cylié, Muri, vous m’avez manquée!

-Nous aussi maman…

-Pourquoi tu es partie ?

-Sans nous dire au revoir ?

-Pourquoi nous as tu laissés…

-Stop, arrêtez, je ne vous ai pas abandonnés…J’ai été…Comment dire, enlevée.

-Par qui ?

-Des méchants ?

-Des monstres énormes et moches ?

-Heu… »

Prise de court, elle retient un fou rire.

Elle se relève, croise le regard de son mari, achève : 

« Oui, on peut dire ça. »

Elle s’approche. Les fillettes regardent la scène, les lèvres closes.

Lui ne bouge pas puis, il la prend dans ses bras avec force et tous deux se mettent à pleurer.

« Papa…

-Maman, pourquoi vous pleurez ?

-C’est de joie, mes chéries. » Répond-t-il, les sanglots lui déformant la voix.

-Somen, si tu savais, si tu savais quel enfer c’était…

 

 

***

 

Il marche dans les bois, majestueusement, sa grande cape blanche recouvrant son corps. Ses yeux bleus, grands, sont ternis. Jamais il ne pourra la soigner avec le remède qu’il a concocté, elle est partie, avec leur fils, disparus…Depuis trop longtemps pour lui. Ses cheveux d’un blond presque blanc soulignent les courbes hautes de ses pommettes et masquent ses oreilles pointues. Il escalade un arbre, vieux de 1000 milleniums, entre dans un abri de verdure et de feuilles. Un château végétal.

Il se dirige vers leur chambre, passant par leur salon d’accueil pour les invités, tout de vert, de bleu et de blanc, donnant ainsi à la pièce un ton chaleureux et apaisant. Puis il entre dans la chambre de son fils, petite, ses jouets rangés dans un coffre de hêtre, son lit de draps  dorés et orangés bien fait. Enfin il arrive dans son lieu de deuil.

Quand il les voit.

Tous les deux, comme s’ils n’avaient jamais bougé d’ici.

La lumière éclaire les deux êtres qu’il aime le plus au monde, provenant de la fenêtre carrée, nimbant un lit à ses côtés ainsi que son aimée.

Le petit garçon se précipite vers son père, en pleurant, sa maman allongée dans les draps blancs et soyeux de leur lit.

« Papa, il faut la soigner, sa maladie s’est aggravée depuis qu’on a été enlevés…

-Enlevés, mais par qui ? » S’exclame le père, les larmes aux yeux, ne pouvant y croire.

« je ne peux pas t’expliquer, elle saura le faire, mais vite dépêche toi, c’est bien nous papa, on ne t’a jamais abandonné ! »

Il fait ce qu’il a à faire, sa femme, une fois guérie, lui explique tout.

Tous trois se prennent dans les bras, pleurant de joie, comme un peu partout dans ce cosmos…


 

©Lunastrelle (Ecrit au cours de l'été 2006... Correction achevée au printemps 2007)

Reh - Te...

08/02/2008 14:10 par lunastrelle

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    Reh - Te...

    08/02/2008 14:10 par lunastrelle

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Le plus évanescent, celui qui n'est pas nom... Le 5ème, qui n'annonce pas le final...



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©Tous droits réservés (Fait le 13 Août 2007)

U - Ae...

08/02/2008 14:03 par lunastrelle

  • U - Ae...

    U - Ae...

    08/02/2008 14:03 par lunastrelle

*~


Le quatrième se penche en ébullition...


*~



©Tous droits réservés (Fait le 1er Juin 2007)

Erret...

08/02/2008 13:47 par lunastrelle

  • Erret...

    Erret...

    08/02/2008 13:47 par lunastrelle

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Une ronde sans fin, au bord de l'épanouissement... Le troisième se parfume aux...



(¤)



©Tous droits réservés (Fait le 30 Mai 2007)

U - Ef ...

08/02/2008 13:44 par lunastrelle

  • U - Ef ...

    U - Ef ...

    08/02/2008 13:44 par lunastrelle

~~~



Le second se fait sorcier, la danse continue...


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©Tous droits réservés (Fait le 29 Mai 2007)

Quand l'encre devient spiritu-rêve...

08/02/2008 13:39 par lunastrelle

  • Quand l'encre devient spiritu-rêve...

    Quand l'encre devient spiritu-rêve...

    08/02/2008 13:39 par lunastrelle

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Final non encore commencé...

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Reh - Te (5)


Pâle divinité évaporée de gazes
Oracle d'essences, nébuleux sortilège
Elle nous enlace en millions de cortèges
Courants sur notre peau comme des lapiaz*.

De ses lèvres d'argent, Rose aux passions topazes
Elle frôle vos cous, se cascade en arges
Entre vos pores gris de l'Ancien Sacrilège
Ou l'Amour évadé, et se marie en raz...

Toi, muse de l'Artiste aux encres vie-violine
Femme tenant son coeur entre ses mains félines
Aux larmes rendant l'âme à chaque évanescence...

La prière naîtra Fleur en ton origine
Se propagera en ton sein exempt d'épines:
Accepte, toi et tes Reflets**, ma renaissance...


E closion à cri
T ourments enfin endormis
H ache morte-hier
E nfouie...
R eposée...



*lapiaz: champs de lapiez, qui sont des rainures de dissolution creusées à la surface
**Reflets: Eléments
***Ether: ou Quintessence pour les Anciens, et il s'agit du 5ème élément.



©Lunastrelle (Eté 2007)
{Dessin fait le 13 Août 2007}

Quand l'encre devient spiritu-rêve...

08/02/2008 13:32 par lunastrelle

  • Quand l'encre devient spiritu-rêve...

    Quand l'encre devient spiritu-rêve...

    08/02/2008 13:32 par lunastrelle

~*


Il suffit de quelques gouttes pour parsemer le rêve...


*~



U – Ae (4)



Cristalline Ondine des abysses ombrées
Soyeux corps diaphane aux voiles saoulées d'azurs
Elle s'infiltre entre chaque pore d'armure
Elle égrène ce chant, sirène réincarnée.

De son larynx saphir elle plonge en apnée
Dans nos esprits cachés sous la coquille dure
Par crainte d'être ouvert à nu à cette pure
Idée qu'antan on eut chuchoté "la Beauté"

Astre à Poséidon roulant entre les houles
Blancheur aux mirages marins que l'Aube coule
Entre ses draps safrans, pluies de rosées stellaires

Un rêve parviendra peut-être à tes paupières
Créé par un être libéré de ses lierres
"Vole en moi, que je voie, ce ciel lunisolaire...".


E mergente rose
A uréolée de clarté
U ne renaissance...


©Lunastrelle (Eté 2007)
{Dessin fait le 1er Juin 2007}

Quand l'encre devient spiritu-rêve...

08/02/2008 13:28 par lunastrelle

  • Quand l'encre devient spiritu-rêve...

    Quand l'encre devient spiritu-rêve...

    08/02/2008 13:28 par lunastrelle

)(   Nouvelles pousses, cela germe et éclot.. )(


Erret (3)


Nymphe aux essences-fleurs embrumées de leur sève
Sage gardienne aux yeux parfumés de nos vies
Elle cueille vos corps d'une tendresse brève
Et ne rampe ni ne traîne en vos songeries

Ses cheveux-racines d'un battement de rêve
S'enroulent sur nos maux bleus recouverts de suie
Qu'elle a parsemés pour notre coeur qui souffrit
Et repart blessée de nous le temps d'une trêve...

Portrait de Gaïa aux vapeurs d'outre-univers
Vengeresse et guerrière aux lèvres d'entre-verre
Reprenant ses droits sur ses cicatrices vertes

Quelques mots échouent dans tes vêtements de serres
Ceux d'une détresse tremblante de misère
Prends moi en toi avec mon corps meurtri de pertes...


T rahie...
E nfouie...
R uisseaux déserts
R iant aux pleurs de pénombre...
E nergie dissoute...


©Lunastrelle (Eté 2006)
{Dessin fait le 30 Mai 2007}